Hissez le pavillon noir !

Temps de lecture estimé : 10 minutes
En 2006, je me suis dit : déménager avec un mètre cube de livres, plus jamais ça !

Vu que je déménage tous les six mois en moyenne, c’est quand même raisonnable. Je me suis donc fait un bel autodafé bien cathartique avant de repartir avec un sac léger contenant mon premier ordinateur de poche : Le Nokia 770. Bien avant vos iphones de merde, il y avait un programme pour lire les ebooks dessus. Je me disais que ça prendrait pas plus d’un an avant que je puisse reconstituer ma collection en version électronique pour pas cher (vu le cout nul de reproduction d’un ebook).

Fast forward sept ans plus tard, et je me mords les doigts. Les quidams ne se sont toujours pas rendus compte de l’existence des livres électroniques. Le peu qui, comme moi, sont passés au 100% numérique, pour cause de déménagisme aigu où autre, ne peuvent accéder qu’à une fraction de la culture littéraire. Je n’ai pu reconstituer rien du tout de ma collection. Comment ça ? Parce que les éditeurs n’éditent que quelques uns de leurs livres en ebook, et toujours avec un DRM, qui transforme le fichier en bombe à retardement. Du genre « dépéchez vous de lire parce que ce fichier s’auto-détruira quand vous changerez de lecteur ». Et il faut payer pour ça ? « En fait, il faut payer plus que le livre en papier. Pourquoi ? Parce que ! »

On n’est pas des pigeons non-plus.

L’un des livres qui me manque le plus est un essai d’Amin Maalouf titré : « Les identités meurtrières ». C’est une pièce magnifique sur les concept d’identité culturelle dans une société globale mondialisée très inégalement. Ça fait sept ans que je creuse le web tous les quelques mois, pour voir si l’éditeur s’est rendu compte que le 20e siècle c’est fini. C’est vous dire à quel point je suis fanatique de ce bouquin.

Couverture du livreIl y a quatre ans, le livre électronique est enfin sorti. Pour 12€. Un livre de 150 pages. 12€ c’est le prix de deux livres en papier. Je me suis dit que c’était pas encore mûr.

Et, ce matin, voilà que je tombe sur l’ebook à 5€. 5€ ça m’a semblé raisonnable. Pour 150 pages d’un bouquin paru il y a vingt ans, c’est limite, mais bon. Ça fait quand même sept ans que je le cherche.

Et puis, juste avant de l’acheter, je fais une dernière recherche. Et je tombe sur la version « poche » pour 3€50.

Là, c’est vraiment du foutage de gueule. L’ebook est toujours plus cher que le papier ! Il est juste passé de trois fois plus cher à une fois et demi. Pas question de me faire pigeonner comme ça ! En plus impossible de savoir s’il y a un DRM ou pas (ce qui veut dire qu’il y en a probablement un caché quelque part).

Vous savez qu’est ce qui est sorti d’autre en sept ans ? Une version pirate en pdf. Convertie en ebook, le formatage est vomitif, mais je préfère lire cette chose immonde plutôt que de valider le business model d’un connard qui trouve ça normal de vendre un fichier minuscule plus cher que 100g de pulpe d’arbre mort.

En fait, maintenant que j’y pense, ce que je vais faire c’est réparer le formatage de l’ebook et le balancer en téléchargement. Et puis j’enverrais un email anonyme à Amin Maalouf pour lui dire de virer son éditeur. Voilà qui devrait me valoir quelques crédits-purgatoire.

Et vous, comment vous préparez-vous au jugement dernier ?

Réveillez-vous les pigeons !

PS : Oups ! https://mega.co.nz/#!TRBjgb7J!KyPas0X9hc4cYw2aVYi0zmCLXrMnYbUyQ647qR1efjE

PPS : Et, pas moyen de le joindre pas email. L’adresse de contact de l’auteur est celle de son éditeur. Genre que je vais lui écrire de virer son éditeur à son éditeur, avec « Merci de transmettre à l’auteur »… Voyons combien de temps ça leur prend de trouver par eux même.

  One Reply to “Hissez le pavillon noir !”

  1. Thierry Crouzet
    1 avril 2014 at 07:42

    :-)

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